L’Afrique à l’honneur sur DDessin16

 

Haytem Zakaria - La poétique de l’éther (2015). Feutre pigmentaire, graphite et transfert sur papier coton 56x76cm, Courtesy de l’artiste et DDessinParis

Haytem Zakaria – La poétique de l’éther (2015). Feutre pigmentaire, graphite et transfert sur papier coton 56x76cm, Courtesy de l’artiste et DDessinParis

Parmi la multitude de foires de dessins contemporains qui fleurissent ce premier week-end de printemps, nous nous sommes intéressés avec une attention toute particulière à la 4ème édition de DDessin – Paris Contemporary Drawing Fair – qui s’est tenue du vendredi 1er au dimanche 3 avril à l’Atelier Richelieu, dans le 2ème arrondissement. Déjà, le jeudi soir, lors du vernissage, on a senti que cette édition 2016 allait connaître un immense succès. Ça fourmillait de partout et à tous les étages de l’écrin de l’Atelier Richelieu. Artistes, galeristes, amateurs de dessins, professionnels, ou simples curieux étaient au rendez-vous. L’excitation d’être enfin tous réunis autour de la passion du dessin contemporain doublée de l’impatience de découvrir « l’émergence » – chère à Eve de Medeiros – Fondatrice et co-Directrice artistique de la Foire (interviewée par IAM en mars dernier) était à son comble. Echanges, retrouvailles, rencontres et premières ventes ouvraient les festivités d’un week-end riche en événements entre expositions, conférences, solo-shows, performances, remises de prix et visites pour enfants.

Avec 136 artistes exposés, 22 pays représentés et une vingtaine de galeries françaises et étrangères, la 4ème édition de DDessin a véritablement rencontré son public lors de ce week-end consacré au dessin contemporain. Si la Corée était à l’honneur sur Art Paris Art Fair ce même week-end, c’est le continent africain qui était à l’honneur sur DDessin16 avec 13 artistes représentés parmi lesquels l’afro-américaine Ashley Oubré, lauréate du prix DDessin16 et Institut français de Tanger, Franck Lundangi (Angola), William Sagna (Sénégal), les ivoiriens : Ernest Dükü, Frédéric Bruly Bouabré et Juliette Vivier, les tunisiens : Yasmine Ben Khelil, Chamekh Nidhal, Atef Maatallah (second lauréat DDessin15), et Zakaria Haythem, les algériens : Sadek Lamri , Kamel Yahiaoui et Massinissa Selmani.

Haytem Zakaria, soutenu par Marc Monsallier, actuellement chargé de mission culturelle de l’Institut Français de Tunisie, ex-directeur de la Galerie Talmart à Paris de 2007 à 2014, et par Eve de Medeiros, directrice de la foire, a présenté La Poétique de l’éther (voir ci-dessus).

Repéré par DDessin en 2013, le travail de NidhAL Chamekh était alors encore méconnu, il jouit désormais d’une belle visibilité. Il a été sélectionné par Okwui Enwezor, commissaire de All the World’s Futures à la 56ème Biennale de Venise à l’Arsenal. Son travail est régulièrement présenté sur les foires internationales : 1:54, Contemporary African Fair, Art Basel, Art Dubaï et sur Drawing now 2016. Un beau chemin parcouru depuis 2013 et un futur que l’on lui souhaite encore couronné de beaux et nombreux succès …

NidhAL Chamekh – De quoi rêvent les martyrs ?

NidhAL Chamekh – De quoi rêvent les martyrs ? Courtesy the artist

Sadek Lamri et Kamel Yahiaoui étaient représentés par la Galerie parisienne KO21. Belkacem Tatem le galeriste s’explique: «  Nous ne sommes pas une galerie d’art contemporain africain, nous sommes une galerie d’art contemporain et nous avons la grande chance de rencontrer des africains qui sont des artistes d’art contemporain. Nous avons été séduits par leur travail et c’est pour cela que nous travaillons avec eux. Nous sommes une galerie un peu particulière : nous ne découvrons pas les artistes ! On a envie de montrer leur travail et leur personnalité à travers leur engagement. Nous participerons à AKAA grâce au travail de nos artistes et pas à celui de la galerie ! »

Sadek Lamri - Timgad

Sadek Lamri – Timgad. Courtesy the artist

Repéré sur DDessin13, Massinissa Selmani a présenté pour cette édition A-t-on besoin des ombres pour se souvenir ? Cette œuvre a été sélectionnée par Okwui Enwezor, commissaire de All the World’s Futures à la 56ème Biennale de Venise à l’Arsenal. Depuis, cet artiste savoure cette notoriété récente. Présent dans la collection du Cabinet d’art graphique du Centre Georges Pompidou, il a exposé à la Biennale de Lyon et à la 1ère édition de la Triennale de Vendôme. Il sillonne les foires internationales : 1:54, Contemporary African Fair, Art Basel, Art Dubaï ou encore Drawing Now Paris. Dixième lauréat d’Art Collector (prix initié par les mécènes et collectionneurs Evelyne et Jacques Deret) une exposition personnelle au Patio Opéra du 19 septembre au 1er octobre 2016, et l’édition d’un catalogue lui seront consacrées prochainement.

Massinissa Selmani  - A- t-on besoin des ombres pour se souvenir ? #9, 2013-2015, graphite sur papier, 50x40 cm, Collection privée, Courtesy DDessinParis

Massinissa Selmani – A- t-on besoin des ombres pour se souvenir ? #9, 2013-2015, graphite sur papier, 50×40 cm, Collection privée, Courtesy DDessinParis

Sitor Senghor à la tête de la galerie parisienne (S)ITOR curating differently avait choisi de présenter deux artistes africains pour cette édition 2016 : William Sagna (Sénégal) et Ernest Dükü (Côte d’Ivoire). La promotion de l’art africain – chère à son grand oncle Léopold Sédar Senghor qui est faut-il le rappeler le fondateur du premier festival mondial des Arts Nègres à Dakar en 1966 – lui tient tout particulièrement à cœur. Cinquante ans plus tard, Sitor Senghor perpétue donc la tradition familiale et accompagne de nombreux artistes contemporains africains.

Ernest Dükü  - Tombé du ciel@metaphisikawale, 2014. Dessin sur papier froissé, 65x44 cm, Courtesy de l’artiste et Sito(r) curating differently

Ernest Dükü – Tombé du ciel@metaphisikawale, 2014. Dessin sur papier froissé, 65×44 cm, Courtesy de l’artiste et Sito(r) curating differently

Ernest Dükü s’exprime sur sa démarche artistique : « J’aime dire que je suis dans le devenir artistique, je me suis toujours positionné comme étant dans la réalité de la création contemporaine africaine dans le sens où toute création artistique s’origine, elle est basée sur un artiste situé sur un lieu géographique qui donne une lecture sur ce qu’il donne à voirDans ma démarche j’interroge la mémoire dans les arts les plus anciens du continent, dans un soucis d’écriture ! »

Celle qui a crée la surprise sur cette 4ème édition et fait l’unanimité c’est l’afro-américaine, Ashley Oubré qui a seulement 32 ans à remporter le prix DDessin16. Sélectionnée par un jury de professionnels, elle aura l’opportunité de partir travailler un mois en résidence de création à l’Institut français de Tanger en février 2017.

Ashley Oubré - Beautiful, nude Albino, 2015  Poudre de graphite et encre de chine, 92x114 cm, Courtesy de l’artiste et Ozenne&Prazowski Gallery

Ashley Oubré – Beautiful, nude Albino, 2015. Poudre de graphite et encre de chine, 92×114 cm, Courtesy de l’artiste et Ozenne&Prazowski Gallery

Absente de la Foire, son galeriste basé à Londres à la tête d’Ozenne & Prazowki nous a fait part de son enthousiasme de travailler avec cette artiste de génie : « Ashley est une artiste fantastique. Elle a ce don assez naturel car elle n’a jamais fait aucune école d’art de dessiner avec du fusain et de la poudre de graphite et le rendu est assez exceptionnel, très photographique. Elle met en avant la personnalité des gens qu’elle dessine. Elle s’intéresse aux personnes exclues. Elle sait mettre en valeur grâce à sa technique des personnes qui n’ont pas une beauté physique particulière. »

06.04.2-16 – Texte de Claire Nini – Images: courtesy des artistes, leur galerie, le salon DDessin16

Site de Claire Nini

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